mercredi 21 décembre 2016

François Fillon et le programme de Pierre Laval de 1935...

Par Henri Guaino, député LR des Yvelines, candidat à l’élection présidentielle de 2017 et ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy

J’ai appris, cher François, que tu t’étais ému de ma référence à Pierre Laval à propos de ton programme économique et social. Je souhaite d’emblée dissiper tout malentendu pour qu’il ne subsiste aucune ombre entre nous. Nous nous connaissons depuis très longtemps. Assez pour que tu saches que je n’aurais jamais pu songer à faire le moindre rapprochement entre toi et le Pierre Laval des années 1940, celui de Vichy, du déshonneur et de la collaboration. C’est au Laval de 1935, président du Conseil de la IIIe République, et à son programme que j’ai fait explicitement référence, programme qui est resté comme un cas d’école dans les annales des politiques économiques. Investi par la Chambre des députés le 7 juin 1935 après une énième crise ministérielle, moins d’un an avant la victoire du Front populaire, il demande et obtient l’autorisation de légiférer par décrets-lois – ordonnances version IIIe République – pour mettre en œuvre son programme économique. On est en pleine crise des années 1930. La dépression est mondiale et la spirale déflationniste tire tout vers le bas. En l’absence de dévaluation, l’ajustement des économies se fait par la baisse des prix et des revenus : quand les prix nationaux sont trop élevés, l’or sort et la masse des moyens de paiement se contracte. C’est la situation de la France en cette année 1935. A l’inverse de l’Angleterre qui a dévalué en...

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mercredi 14 décembre 2016

La lettre aux maires

Monsieur le Maire,

Paris, le 14 décembre 2016

Quand, il y a trente ans, je me suis engagé en politique, il y avait encore dans notre vie publique beaucoup de femmes et d’hommes qui avaient tout risqué pour la France et qui, aux côtés du Général De Gaulle, avaient sauvé deux fois la démocratie et la République. Ils avaient une haute idée de l’Etat et une conscience aigüe de leurs devoirs. Ils faisaient passer leur pays avant leur parti. C’était, me direz-vous, une autre époque. Mais la nôtre ne se porterait- elle pas mieux avec une politique davantage inspirée par le sens de l’Etat et du devoir quand le système des primaires et des clientèles organise la confiscation de l’élection présidentielle ? On ne parle plus que de camps alors qu’il s’agit pourtant de choisir l’homme de la Nation qui saura en garantir l’unité, la cohésion et l’indépendance.

C’est le retour du régime des partis qui, dans notre histoire, nous a plongés dans tant de crises et de drames. C’est le retour des vieilles politiques restrictives, dénuées de toute générosité et de toute humanité, indifférentes aux vies qui depuis 40 ans s’abîment dans la valse ininterrompue des réformes contradictoires et punitives, sacrifiant l’investissement et l’avenir, abandonnant des pans entiers de notre territoire, de notre industrie, de nos services publics, creusant les fractures sociales et culturelles, abaissant l’autorité de l’Etat, semant partout le désordre : dans les institutions, la société, l’économie, l’école... Ces souffrances, ces abandons, ces désordres, vous êtes les mieux placés, au plus proche de nos concitoyens, pour en mesurer la gravité et les effets délétères. Toutes les politiques qui détruisent le socle de nos solidarités, qui remettent en cause l’égalité de tous les Français devant la santé, l’école, la sécurité, qui opposent les catégories sociales les unes aux autres, qui dressent l’Etat contre les collectivités ou les collectivités contre l’Etat, le local contre le national, réduisent l’administration à un rôle de censeur ou de contrôleur tatillon quand elle devrait aider, soutenir, être un partenaire, participent de la dislocation de la Nation, laissant chacun sans protection face aux désordres du monde.

Vous savez bien que l’effort pour couper aveuglément dans la dépense publique et supprimer des centaines de milliers de postes dans les fonctions publiques portera en priorité sur les territoires les plus fragiles de la ruralité et des périphéries urbaines. Vous savez aussi que la volonté de réduire drastiquement le nombre de nos communes sous prétexte de faire des économies n’en permettra aucune, privera notre pays de cette bonne volonté civique qui motive tant d’élus de nos petites communes et mettra à mal encore un peu plus notre identité dont elles sont constitutives, elles qui sont si profondément ancrées dans la longue durée de notre histoire.

On a peu à peu dénaturé l’élection présidentielle. Sans doute le quinquennat et le système médiatique n’y sont-ils pas pour rien et les partis mués en cartels électoraux aussi. Mais comment avons-nous pu à ce point oublier qu’il ne s’agit pas de choisir un Premier ministre, un simple programme, un catalogue de mesures, mais bien davantage celui ou celle qui sera capable d’incarner tout un peuple, son histoire, son destin, son génie. Avant le catalogue, il s’agit de savoir avec quelle fermeté de caractère, avec quelle hauteur de vue, quel sens de l’Etat, quel amour de son pays, quelle morale, quelle humanité, selon quels principes, quels critères, il conduira la France au milieu des crises et des aléas de notre temps. Derrière le programme, il faut aller chercher l’idée de la France, l’idée de l’Homme, l’idée de la politique qui l’inspire.

Au printemps prochain, la question à laquelle le peuple français aura à répondre sera aussi simple que décisive : voulons-nous bâtir notre avenir à partir de ce qui nous fait aimer la France comme le plus beau pays du monde ou voulons-nous, au contraire, tout détruire pour construire sur la table rase de nos héritages, de notre civilisation, de nos valeurs, de notre pacte civique et social et de notre modèle républicain, celui d’une nation une et indivisible, laissant la place à une juxtaposition de féodalités, de communautés, de tribus, d’intérêts catégoriels ?

C’est parce que je ne me résigne pas à la destruction de tout ce qui, depuis l’enfance, me fait aimer ma patrie et aux fractures qui la déchirent, parce que

je ne me résous pas à faire passer la France après mon parti ou mon camp, que, face aux compromissions, aux reniements de toutes natures, aux manœuvres d’appareils, j’ai décidé d’être candidat à l’élection présidentielle.

C’est donc en homme libre des préjugés politiciens, qui veut servir son pays et faire tout pour que le rendez-vous si décisif de 2017 ne soit pas un rendez- vous manqué, que je m’adresse à vous.

Si nous le voulons, nous pouvons encore refuser que notre histoire soit écrite par d’autres pour l’écrire nous-mêmes, nous pouvons rétablir l’autorité de l’Etat, reconstruire une République qui ne connaît que des citoyens égaux en droits et en devoirs, remettre la Nation au cœur de toutes nos politiques publiques.

Pour nos enfants, pour nous-mêmes, nous n’avons pas le droit de gâcher ce qui est peut-être la dernière chance pour le peuple français de reprendre en mains, sans drame, son destin confisqué. A la politique qui nous appelle à subir, le moment est venu d’opposer une politique qui veut se donner les moyens d’agir dans le monde tel qu’il est, pour que nous puissions continuer d’être un peuple libre, de préserver notre propre idée de la civilisation et de proposer ses valeurs et ses œuvres en partage à tous les hommes comme nous l’avons toujours fait depuis que la France est la France.

Pour casser le cercle vicieux dans lequel se découragent toutes les volontés, se brisent toutes les espérances, tous les rêves et pour que celui ou celle qui sera élu ne le soit pas par défaut, sans mandat, sans confiance, dépourvu ainsi de tous les moyens de gouverner, pour que les questions les plus graves ne soient plus éludées, que les débats les plus décisifs ne soient pas enterrés, je sollicite votre parrainage. La loi vous confère la prérogative de décider qui peut se présenter à l’élection présidentielle. Par votre parrainage vous n’apportez pas forcément votre soutien à un candidat, vous n’approuvez pas forcément son programme, mais vous donnez à un Français le droit de défendre une vision de la France, vous donnez droit de cité à la liberté de l’esprit contre les disciplines d’appareils. Vous donnez à tous les Français la liberté de choisir le destin de la France.

Les formulaires officiels ne seront mis à votre disposition par l’administration qu’au début du mois de février. Il ne restera alors que quelques semaines pour les faire parvenir au Conseil Constitutionnel. C’est la raison pour laquelle, dans l’attente, je me permets de vous faire parvenir une promesse de parrainage que vous pourrez me retourner lorsque vous aurez pris votre décision.

En vous remerciant de l’attention que vous voudrez bien porter à ce courrier, et me tenant à votre disposition ainsi que mes équipes pour répondre à vos interrogations, je vous assure, Monsieur le Maire, de toute ma confiance et je vous adresse mes très cordiales salutations.

Henri Guaino, Député des Yvelines

mardi 21 juin 2016

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